Hors Limites : quand les façades deviennent l’exposition
Plus de trois cent cinquante mètres carrés de murs, renouvelés deux fois par an. L’exposition qui se visite sans entrer dans le musée.
Deux fois par an, les façades des anciens laboratoires de la rue Lécuyer changent d’aspect. C’est là que se tient Hors Limites, la seule exposition de la Fondation qui se regarde depuis le trottoir.
Trois cent cinquante mètres carrés de mur
L’exposition Hors Limites installe des œuvres monumentales sur les façades des anciens laboratoires. La surface disponible dépasse trois cent cinquante mètres carrés, ce qui change la nature du travail demandé aux artistes : il ne s’agit plus d’accrocher une pièce, mais de composer avec un bâtiment entier, ses ouvertures et ses décrochements.
Le passant qui longe la rue Lécuyer voit donc l’exposition avant d’avoir décidé de la voir. C’est une façon de rendre la collection visible dans un quartier qui n’a pas l’habitude qu’on s’y arrête.
Deux saisons, deux registres
Au printemps, les façades accueillent des créations peintes. L’Atlas, venu du graffiti et de l’étude de la calligraphie, y déploie son alphabet géométrique en noir et blanc. Le Collectif Polysémique et d’autres artistes se succèdent sur le même principe.
À l’automne, la lumière prend le relais. Les murs s’animent après la tombée du jour, dans la filiation directe de l’art lumino-cinétique que conserve la Fondation. Miguel Chevalier, pionnier de l’art numérique présent dans la collection, a inauguré cette série.
Pourquoi cela a du sens ici
Le rapprochement n’est pas décoratif. L’art cinétique est né de l’idée que l’œuvre change selon l’endroit d’où on la regarde et le moment où on la croise. Une façade répond exactement à cette définition : elle n’a pas deux fois le même aspect selon l’heure, la saison et le trajet de celui qui passe.
Les dates de chaque saison sont annoncées sur la billetterie et les réseaux de la Fondation.